Konbini News, la communication au service de l’information

Lancé en janvier dernier, Konbini News tente de se défaire d’une image parfois jugée « trop légère » par ses détracteurs. La rédaction nous a ouvert ses portes.

Les équipes de Konbini News ont trouvé leur place dans les locaux en janvier. © Clothilde Bru

 

Dans la cour discrète d’un immeuble du 10e arrondissement de Paris, trois étages de locaux ultra modernes et colorés accueillent ce qui ressemble plus au fleuron de la start-up nation qu’aux bureaux d’une rédaction. Et pourtant. Malgré tous les a priori qui lui collent à la peau, chez Konbini, « tous les rédacteurs (ou presque) sont sous convention collective des journalistes » nous indique Pierre Grange, nouveau directeur de la rédaction. Avant de quitter TF1 il y a un mois, lui aussi avait « une image un peu légère » de Konbini, confie-t-il, « alors qu’ils n’ont jamais fait de people ! »

Toucher un public plus jeune

L’ex-grand reporter nous reçoit dans l’open space de la rédaction, au premier étage de l’immeuble. Là où s’est installé Konbini News, la plate-forme 100% info du média, lancée en janvier dernier. Une initiative qui a généré beaucoup de critiques : brand content, publirédactionnel, dépendance à l’égard des sponsors, subjectivité… « Injustifié ! » répond Pierre Grange.

Ce qui lui a plu, ici, c’est la liberté. Pour un habitué de la télévision, pouvoir tester de nouveaux formats, de longueurs variées, sans être tenu par les chiffres d’audience, c’est une opportunité hors norme. « On peut faire des essais et si ça ne prend pas on ne recommence pas ! » C’est l’avantage de la présence du média sur les réseaux sociaux et non à l’antenne d’une chaine de télévision. De quoi toucher un public plus jeune, une tranche d’âge qui a délaissé les médias traditionnels mais qui s’intéresse sérieusement à l’information.

« La rédaction ne s’est jamais censurée »

C’est uniquement grâce à ses partenariats que le média trouve son financement, notamment les fonds nécessaires au fonctionnement de la rédaction. Konbini News n’est d’ailleurs pas logé à la même enseigne que les autres sites du groupe. Pour privilégier l’info, aucun spot de sponsors, aucun article publirédactionnel. Les seules pubs ? Celles avant la lecture des vidéos. Sur les autres chaines de Konbini, le nouveau directeur de la rédaction insiste : les articles sponsorisés sont clairement indiqués.

Ici, la star, c’est Hugo Clément, débauché du Quotidien de Yann Barthès pour lancer Konbini News. Quand il n’est pas en reportage aux quatre coins du monde, le journaliste produit régulièrement des interviews dans les locaux. C’est lui qui incarne tous les reportages. Et sa notoriété profite largement au succès de Konbini auprès des jeunes. Tête de gondole du média, il nous livre sa vision de son métier, dans une interview façon Fast and Serious.

Il y a un peu plus d’un an, dans un article du Monde diplomatique, un ancien rédacteur dénonçait des pratiques peu déontologiques chez Konbini. La chaine sport du média, Football stories, aurait refusé la publication d’un papier concernant les conditions de travail sur les chantiers de la coupe du monde de football au Qatar. Pour cause de désapprobation de Coca-cola, sponsor de la chaine et partenaire de la coupe du monde.

Rédactrice en chef des sports depuis plusieurs années, Lucie Bacon réagit : « Ce qui dérangeait, ce n’était pas de froisser, ou pas, Coca-cola. C’était plus une question de fond. Football stories ne publiait pas d’articles « société ». Mais depuis, la ligne éditoriale a changé. » Il y a trois semaines à peine, en effet, la journaliste signait un papier dénonçant ces conditions de travail sur les chantiers du Qatar.

La ligne de conduite de Konbini aurait-elle évolué ? Pierre Grange a tenu à nous le prouver. A l’appui, une vidéo signalant les pratiques de Heineken en Afrique, diffusée fin septembre. Un sujet que le média a été un des rares à traiter malgré les investissements de la marque de bière chez Konbini. « Au risque d’avoir moins de nouvelles d’eux », affirme-t-il.

D’ailleurs, le modèle économique du média n’est pas figé. A la rédaction, on laisse entendre que l’idée de limiter l’accès de certains articles par abonnement serait sérieusement envisagé.

 

Audrey Abraham & Clara Robert-Motta 

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