Guiti News, l’œil des réfugiés

L’équipe de Guiti News lance un pari audacieux : amener de jeunes journalistes réfugiés et français à collaborer pour proposer un traitement différent de l’actualité. Lancé il y a trois semaines, ce site a ouvert une campagne de crowdfunding pour pouvoir se développer.

A 24 ans, Mortaza Behboudi possède déjà une solide expérience journalistique. ©Etienne Meyer-Vacherand

 

L’idée, c’est Mortaza Behboudi qui l’a eue. Un journaliste âgé de 24 ans à peine. Arrivé en France en 2015, ce jeune Afghan a collaboré avec de nombreux médias français. Il a aussi réalisé plusieurs documentaires, notamment sur les conflits qui secouent l’Irak et l’Afghanistan, et sur les migrants vivant sur l’île de Lesbos.

« J’aimerais développer un journalisme de solutions »

Cette passion du reportage lui vient à l’âge de 15 ans. En 2009, pendant la révolution verte iranienne, il commence à prendre des photos. Trois ans après, il devient journaliste, un métier qu’il décide de poursuivre en France. Fort de son expérience professionnelle et de ses convictions, il lance son nouveau média, indépendant et engagé.

Partant du principe qu’il n’y aurait pas « une crise des réfugiés mais une crise de l’accueil », son objectif consiste à présenter une vision positive de l’immigration en France. « J’aimerais développer un journalisme de solutions », affirme Mortaza Behboudi. Vidéos, photos, dessins de presse constitueront l’essentiel de ce média en ligne à destination d’un public jeune et international. « Au début, les contenus seront uniquement en français mais d’ici un an, ils seront également proposés en anglais », précise-t-il.

Pour l’instant, les dix journalistes de Guiti News sont installés dans leurs locaux du 17e arrondissement de Paris, prêtés par l’association Singa et la fondation Human Safety Net pour un an. La campagne de crowdfunding lancée il y a une semaine a déjà rempli 30 % de son objectif initial. A terme, Guiti News fonctionnera comme un pure player financé par des abonnements. Jusqu’au printemps 2019, l’accès au site restera libre. Ensuite, il faudra débourser six euros par mois, 40 euros pour six mois et 70 euros pour un an.

Un nouveau média en ligne qui s’engage pour les réfugiés

Etienne Meyer-Vacherand et Anaëlle De Araujo

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