« Fusionner plusieurs médias publics n’est pas la solution »

Fusion Radio-France/France Télévisions, rapprochement de médias, disparitions de chaînes… Pour le SNJ Radio France, la réforme de l’audiovisuel public représente un grand « bond en arrière ». Valeria Emanuele, secrétaire nationale du SNJ-Radio France, nous livre ses points de vue sur les projets évoqués.

Pour Valeria Emanuele, secrétaire nationale de SNJ-Radio France, un rapprochement de médias « type BBC » est inconcevable. ©Etienne Meyer-Vacherand

 

Que pensez-vous de la prochaine réforme de l’audiovisuel public, notamment du projet qui consisterait à « fusionner » plusieurs médias ?

Les politiques pensent qu’ils ont tout compris. Ce qu’ils veulent, c’est faire des économies. Ils ont même découvert la notion de « média global », ce procédé qui consiste à fusionner plusieurs médias de l’audiovisuel public pour réduire les effectifs. Depuis des années, on nous enlève des moyens et du personnel ! Ce n’est pas la solution. Quant à notre nouveau ministre de la Culture, avant même d’arriver au gouvernement, il se montrait plus que favorable à la fusion de médias publics comme cela a été le cas à la BBC. Mais ce n’est pas logique. A la BBC, ils sont dix fois plus nombreux, alors qu’en France la réforme viserait à diminuer les effectifs. Nous avons la même inquiétude en ce qui concerne l’hypothèse de rapprocher les radios de France Bleu et France 3, car ces médias n’ont pas le même périmètre. Filmer les matinales ? Nous sommes très circonspects. On nous dit que Radio France doit davantage s’orienter vers le numérique. Or, plus on distrait nos journalistes de leur métier principal, qui est la radio, et moins on parviendra à conserver un certain niveau de qualité.

Craignez-vous les futurs projets que le nouveau ministre Franck Riester mettra en œuvre ?

Son premier projet, qui consiste à fusionner plusieurs médias de l’audiovisuel public, me fait peur. A-t-il été nommé à ce poste parce qu’il s’y connait ou parce que cela lui permettra d’appliquer ce projet ? Je ne sais pas. Auparavant, il parlait de cette idée au nom de membre du parti Les Républicains. Nous le savons, pour eux, l’audiovisuel public doit devenir le plus petit possible et coûter le moins cher possible, ce qui passe aussi par la réduction de la redevance.

Que répondez-vous aux critiques du projet d’élargir la redevance ?

Ne pas payer la redevance mais regarder des programmes télévisés sur son ordinateur et sur son téléphone, cela me paraît inconcevable. La loi prévoit déjà beaucoup d’exonérations: la moitié des gens ne paient pas la redevance. Et de moins en moins de foyers s’équipent d’une télévision. C’est un problème. Il faut le rappeler, la redevance paie la télé, mais aussi la radio ! Il me paraît donc logique de l’étendre.

Quels sont les grands enjeux d’avenir pour Radio France ? 

Radio France est leader en matière de radio. On nous attend au tournant en permanence du fait de cette position. L’un de nos plus gros défis consiste à rajeunir notre audience. Il faut que toutes les strates de la société, tous les âges, puissent nous écouter et se retrouver dans notre radio.

Propos recueillis par Noémie Koskas

 

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