« Ce qui me plait dans mon métier, c’est la liberté »

Difficile d’accéder à Radio France. Mais lorsque l’on y met un pied, la sécurité de l’emploi est garantie. On a rencontré Patrick Genthon, grand reporter en Alsace qui travaille depuis 35 ans pour la Maison de la radio. Un journaliste heureux.

Patrick Genthon, grand reporter en Alsace – Crédits : Capucine Japhet

 

Vous êtes « reporter en résidence ». Qu’est-ce que ça signifie ?

Cela veut dire que j’ai une voiture, un territoire, un bureau et que je fais du reportage toute la journée. Je suis tout seul dans mon bureau de Mulhouse et j’ai un collègue à Colmar. On couvre un département à deux journalistes et ça nous convient bien. En plus, je suis titulaire salarié et je gagne bien ma vie, car j’ai 35 ans d’ancienneté.

Quel est l’avantage à travailler seul ? 

Ce qui me plait dans mon métier, c’est la liberté. J’ai un magnétophone, donc je n’ai pas la contrainte d’avoir un monteur ou un caméraman, comme en télé. Ça peut être un avantage de travailler en équipe mais tout seul, je choisis mieux mes angles, mes sujets et je fais mon montage moi-même. On est son propre maître, en fait. La seule chose que je ne maitrise pas, c’est la diffusion, c’est le choix du présentateur, c’est normal.

C’est comment de décrypter l’actualité en région ?

Autrefois, les gens voulaient tous aller à Paris. Aujourd’hui, il y a beaucoup de Parisiens qui préfèrent plutôt aller en région. J’ai la chance d’avoir un territoire riche en actualité :  je suis à 15 kilomètres de Bâle (Suisse), qu’on appelle « ville-monde », l’Allemagne n’est pas loin non plus, il y a aussi la centrale nucléaire de Fessenheim qui est au cœur de l’actualité. Et puis les Alsaciens veulent trouver un statut particulier pour la région Grand-Est.

Est-ce qu’on embauche aujourd’hui à Radio France ? 

On y a plus embauché à Paris ces derniers temps qu’en province. Pourquoi ? Parce qu’à France Info, on a eu besoin de journalistes pour faire les titres, les rappels des news, etc. Avec 800 journalistes, Radio France est le plus gros employeur en radio, très loin devant Europe 1 ou RTL. Actuellement, il y a des gens qui partent à la retraite. Moi j’ai 60 ans, c’est bientôt mon tour. Après, est-ce qu’on va garder autant de journalistes à Radio France, je ne sais pas. Mais pour l’instant il n’y a pas de suppression d’effectifs.

Propos recueillis par Capucine Japhet et Caroline Quevrain

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