A Midi Libre, « prendre le virage du numérique, cela fait 15 ans que je l’entends »

Sophie Wauquier souhaiterait une « vraie réflexion sur l’offre numérique » du Midi Libre. Crédit photo : Théo Meunier

Graphiste, rédactrice et désormais infographiste, Sophie Wauquier travaille au Midi Libre depuis 18 ans. Un parcours qui lui permet de prendre du recul sur la situation de ce quotidien et ses difficultés à coller aux nouvelles habitudes de son lectorat.

Votre métier de journaliste a-t-il changé depuis que vous travaillez au Midi Libre ?

Outre les divers changements de propriétaires, cela fait 15 ans que j’entends parler du virage numérique au Midi Libre. Dès que l’on change d’actionnaire, le même questionnement revient. A chaque fois, on a l’impression que le train veut avancer mais qu’on peine à accélérer. Pour l’instant, en tout cas. A mon avis, le projet va dans le bon sens. Reste qu’il peut y avoir des dérives. Je comprends tout à fait qu’on nous demande de travailler plus et surtout de manière différente. On ne peut pas se permettre de ne pas avoir un œil sur ce qu’il se passe sur internet. Mais d’un autre côté, il y a des suppressions de postes, des non remplacements et des départs à la retraite d’ores et déjà prévus. On nous demande de faire plus avec moins de personnes… Le risque c’est aussi de faire moins bien.

Comment donner un nouvel élan à ce quotidien régional ?

Il faudrait une vraie réflexion sur notre offre numérique. A la rentrée, on nous a de nouveau demandé d’aller dans ce sens. Mais pour l’instant, on essaie plutôt de produire pour produire. Il faudrait que l’on puisse réfléchir davantage à ce que l’on veut mettre sur notre site pour avoir des contenus adaptés au web, comme ont pu le faire Le Monde et Nice Matin, qui développent une vraie politique de ce côté-là. Chez nous, à Midi Libre, on se contente un peu trop de transposer les pages du journal papier sur le site. Toutefois, cette volonté devra certainement passer par un renouvellement, y compris de générations. En mélangeant des journalistes expérimentés avec des jeunes qui auront davantage le réflexe de faire des contenus vidéos ou adaptés au web, on pourra avancer.

Quels sont les atouts sur lesquels peut compter Midi Libre ?

Notre maillage territorial reste très intéressant: l’Hérault, le Gard, la Lozère, l’Aveyron… On doit vraiment s’appuyer sur cet ancrage local et se concentrer sur notre cible. Parfois, on s’acharne à faire des pages internationales, alors qu’on devrait développer notre proximité dans tous les services. En ce qui concerne le sport, par exemple, on devrait pouvoir traiter des actualités locales, celles qui ne sont pas couvertes par des médias comme L’Equipe et l’AFP. En tant qu’habitante d’un petit village, j’ai besoin de davantage d’informations que le compte-rendu du conseil municipal. La presse doit parler davantage des villages.

Propos recueillis par Théo Meunier

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