A La Provence, « le débat entre le papier et le web est obsolète »

Le quotidien La Provence a adopté une stratégie tournée vers le digital. Un choix « inévitable » mais qui « ne résout pas tout » pour Patrick Merle, responsable de la locale à Istres (Bouches-du-Rhône).

Patrick Merle est le nouveau correspondant régional de la CCIJP depuis juin dernier. ©Hugues Garnier

 

Dans quelle situation se trouve la Provence aujourd’hui  ?

Globalement, La Provence se porte comme la plupart de ses confrères de presse régionale. Elle est confrontée à une baisse régulière et inéluctable de la vente de ses journaux au numéro. La politique d’abonnement que le journal a lancée il y a quelques années commence hélas à ne plus porter ses fruits. Aujourd’hui, la ligne est claire: la direction cherche à développer un projet tourné vers la dématérialisation. Pourtant, le papier représente environ 80% des recettes du journal. Et cette transition numérique se fait maladroitement.

 

Qu’entendez-vous par  « maladroitement » ?

Le mouvement vers le numérique est cohérent avec l’air du temps, mais n’est pas cohérent avec notre activité. On affaiblit la pagination et les petites locales… Là où on a justement une raison d‘être ! Dans La Provence, personne ne s’attend à lire ce qu’il se passe en Syrie ou entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. Le rôle de La Provence, c’est la proximité. Être proche de ses lecteurs, être implanté là où ils vivent, c’est ce qui importe. Pourtant, la direction affaiblit les équipes sur place et les moyens dédiés. La solution consiste peut-être à se tourner vers un site web pour les infos générales et vers une version papier pour les actualités locales.

 

Peut-on encore promouvoir la presse papier ?

Le débat entre le papier et le web est obsolète. La dématérialisation est en marche. La question de fond, c’est l’information. Est-ce que le site restera un site d’information ou deviendra un support pour la publicité ? Il est là, le sujet. On ne parle que de supports, de combien ça coûte, de combien on va pouvoir économiser… Ça, c’est la forme. Il ne faut jamais oublier le fond, ce pour quoi se battent toutes les rédactions, l’information.

Propos recueillis par Hugues Garnier et Jonathan Grelier

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