Brief.me, juste l’essentiel face au torrent de l’information

Faible effectif, cadre de travail moderne, diffusion numérique… Brief.me a tout d’un nouveau média. Grâce à son modèle économique qui s’appuie sur un unique rendez-vous journalier, sa rédaction apparaît comme un Ovni dans le paysage journalistique actuel.

L’équipe de Brief.me ne se contente pas de relayer les informations des autres médias, mais les recoupe et les vérifie. © Jonathan Grelier

 

La presse n’échappe pas au coworking. Il y a deux ans, la rédaction de Brief.me a fait son nid au premier étage du “Tank” près de la place de la Bastille. Avec sa décoration épurée et son local tout équipé, le lieu en impose : canapés, support mural pour vélos, cuisine. Ce lieu de vie autant que de travail abrite plusieurs startups du numérique.

Difficile au premier abord de distinguer la petite rédaction de ses voisins. Mugs, stickers et pin’s étalés sur les tables… À chaque startup ses goodies. Les journalistes, discrets et concentrés – espace de travail réduit oblige – sont tous regroupés sur la même rangée. Ici pas de bureau privé: le rédacteur en chef, le chef d’édition, le responsable marketing et les deux  autres journalistes se côtoient toute la journée. Une telle disposition bouleverse les rapports entre les membres de la petite équipe. “Ce qui change à Brief.me par rapport à d’autres rédactions de plus grande taille, c’est surtout la prise de décision”, confie Mathilde Doiezie. Ancienne journaliste au “Monde Académie” et au Figaro, elle se réjouit de l’autonomie qu’on lui accorde: “dans cette rédaction, je suis plus libre dans le choix des sujets.”

Zéro breaking news

Le fonctionnement de la rédaction et sa ligne éditoriale surprennent. Ce mardi matin, loin d’être les premiers sur l’info, les journalistes de Brief.me prennent leur temps. Pourtant, le remaniement gouvernemental vient d’être annoncé. Mais pas question pour l’équipe de céder aux sirènes du breaking news. Il n’y aura pas de direct. “On en parlera ce soir dans notre lettre d’actualité”, déclare d’une voix posée Laurent Mauriac, cofondateur du média et ancien de Libération.

Le concept de Brief.me est simple : l’équipe produit tous les jours, du lundi au samedi, un mail d’information qui est adressé aux abonnés à 18h30 (9h le samedi). L’abonnement coûte 4,90€ par mois pour un abonnement annuel et 6,90 € par mois si on ne s’engage pas sur une année. A la manière d’un journal de 20h sur une grande chaîne télévisée, Brief.me crée un rendez-vous d’information sur Internet. “Notre objectif c’est de faire gagner du temps pour nos abonnés afin qu’ils se consacrent à des choses plus importantes pour eux”, explique Laurent Mauriac, “Il y a un trop plein d’informations, une lassitude chez certaines personnes d’avoir des alertes sans arrêt pour des infos qui n’ont pas toujours un intérêt évident”. La rédaction a par ailleurs lancé il y a quelques mois Brief.eco, une offre similaire à Brief.me à ceci près que la newsletter est cette fois hebdomadaire. Ayant pour objectif de vulgariser l’économie au plus grand nombre, Brief.eco revient à 36€ pour un abonnement annuel et à 18€ pour les étudiants. 

Newsletter payante

Le format de diffusion adopté par Brief.me peut sembler désuet. Le modèle de la newsletter – à savoir une lettre d’information envoyée de façon périodique par courrier électronique – est utilisé depuis longtemps par de nombreux journaux français. Sauf qu’à la différence de Brief.me, celles-ci sont souvent gratuites. En échange, la rédaction promet de sélectionner uniquement les événements les plus marquants de la journée et de les rendre compréhensibles, sans aucune publicité. Le ton est sobre, la présentation épurée et l’écriture accessible à tous. Ce qui importe surtout, pour Laurent Mauriac, c’est d’être jugé sur le fond : “je ne définis pas Brief.me comme une newsletter. Ce n’est pas la forme qui compte, c’est le contenu à savoir réaliser des briefings réguliers sur l’actualité.”

L’équipe affirme être en contact permanent avec son lectorat et répondre, à sa manière, à leurs attentes : “nous cherchons à faire un travail qualitatif, mais le risque avec la newsletter est qu’on ne peut pas la corriger. Si les lecteurs nous avertissent d’une erreur, notre seule façon de la corriger est de publier un correctif le plus vite possible. Mais c’est parfois quelques jours plus tard”, relate Mathilde Doiezie.

Une application mobile

Trois ans après le début de l’aventure, Brief.me a déjà attiré près de 7.500 abonnés. Et n’a d’autre choix que de continuer sur sa lancée. “On a besoin d’avoir 10.000 /11.000 abonnés pour être à l’équilibre financier et on s’en rapproche”, assure son fondateur. Pour parvenir à cet objectif, Brief.me lancera prochainement sa propre application : “pour beaucoup de personnes, le mail est assimilé à l’environnement professionnel, à une contrainte. L’application sera un nouveau canal de diffusion pour faire connaître Brief.me.” Et si les formats évoluent, le fond demeure. “Ce sera une notification par jour. Une seule.”

Jonathan Grelier & Hugues Garnier

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